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Léa Picosson

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Essai Audi A8 : Vaisseau admirable

On a coutume de dire que les limousines (les voitures, pas les vaches !) s’apprécient surtout à l’arrière. La BMW Série 7 l’an passé nous avait déjà mis le doute et en rentrant de l’essai de la nouvelle Audi A8 nous pouvons vous confirmer que le siège du conducteur est définitivement une place de choix. Austérité allemande de rigueur, technologie embarquée digne de la NASA, les amateurs ne seront pas perdus. Mais là où le nouveau vaisseau amiral de la marque aux anneaux pourrait bien séduire une clientèle réfractaire à cette débauche de luxe c’est au niveau du plaisir de conduite, inédit pour la catégorie. Si vous voulez bien prendre place !

Dans l’oeil du photographe

Puisant ses racines dans l’Audi V8 de 1988, l’A8 première du nom fait son entrée sur le marché en 1994. Après 8 ans de carrière et 100 000 unités vendues, Audi la remplace par la seconde génération en 2002 et en écoule 165 000 exemplaires de mieux. Voilà pour la petite histoire. En 2010, Audi nous livre sa 3ème A8, et au risque de nous répéter à chaque fois qu’une voiture de cette trempe débarque on reste étonné de tant de conservatisme stylistique. Il faut reconnaître que les non-initiés auront un certain mal à distinguer l’ancienne de la nouvelle. En regardant de plus près on s’aperçoit tout de même que nous avons bien affaire à une nouvelle voiture et pas à un restylage. Les lignes se sont affinées et bien que la face avant soit plus menaçante, l’A8 met tout le monde d’accord question élégance. De plus, ses mensurations sont plutôt intimidantes : 5,13 m de long pour 1,94 m de large. Seule petite touche de fantaisie, l’A8 cède à la mode des Leds avec au choix une guirlande sous les feux ou alors comme sur la R8 des projecteurs entièrement à Leds (+ 2 200 EUR). Notre seul regret concerne la partie arrière qui ressemble trop à une A4 ou plutôt qui ne s’en démarque pas assez.

Vie à bord

Si dans d’autres voitures on parle de vie à bord, dans l’A8 on parle davantage d’accueil tant le raffinement de son habitacle atteint des sommets. Réputé pour son savoir-faire en matière de traitement des intérieurs, Audi repousse une nouvelle fois les limites de la finition. Pas une fausse note concernant les matériaux employés et leur assemblage, pas une faute de goût quant au choix des habillages et des inserts décoratifs. On saluera aussi l’ergonomie toujours bien pensée et l’élégance de l’instrumentation dont certaines aiguilles sont remplacées par des Leds. Le confort est également princier avec des assises, pardon des fauteuils (!), à la position et au maintien irréprochables. Il est de toute façon possible d’ajuster son siège au millimètre grâce aux multiples réglages. Comble du luxe, les passagers peuvent même profiter en option (+ 3600 EUR) des fonctions ventilation et massage (différents modes et différentes intensités). Tellement agréable qu’on en viendrait à se demander si Audi n’aurait pas caché une masseuse professionnelle dans le siège. Et que dire des places arrière, elles aussi au sommet en matière de confort. On reste un peu déçu de la longueur aux jambes compte tenu du gabarit de la voiture et de son empattement (2 992 mm). Une version longue viendra corriger le tir dès le second semestre.

Les équipements

Impossible d’évoquer l’équipement de l’A8 sans utiliser l’adjectif pléthorique. Nous parlerons directement de la finition Avus qui pour 12 000 EUR de plus que la version de base, déjà richement dotée, propose entre autres la climatisation automatique, le système audio Bose, la navigation, le régulateur de vitesse, l’aide au parking avec caméra de recul, la sellerie cuir, les sièges électriques, le frein de stationnement électrique ou encore la fermeture assistée des portières. Si la liste des équipements de série est longue, celles des options donne le tournis, de 70 EUR pour la simple désactivation de l’airbag passager à plus de 18 000 EUR pour le Pack cuir Audi Exclusive.

Parmi les innovations notables, nous avons retenu l’assistance à la conduite basée sur les informations du GPS capable de gérer l’éclairage, la transmission ou le régulateur de vitesse. En effet, à l’approche d’un carrefour ou d’une zone de virages, le système modifie l’intensité et l’orientation de l’éclairage ou opte pour le rapport de boîte optimal. Autres éléments qui nous rapprochent un peu plus d’une fonction pilote automatique, l’Adaptative Cruise Control qui grâce à une caméra et à un radar gère la distance et l’allure en fonction du véhicule qui nous précède, ou encore le système de vision nocturne capable de détecter une personne ou un animal et de distinguer s’il est au bord ou sur la chaussée. Enfin dernier détail qui tue, l’écran tactile tout à côté du levier de vitesses qui permet de gérer l’interface multimédia de la voiture.

Sous le capot

En attendant une probable version S et une déclinaison hybride, l’A8 dispose au lancement de deux motorisations V8 4.2 L, un essence FSI et un diesel TDI. Développant 372 ch et 445 Nm de couple, le premier délivre sa force avec finesse et son élasticité n’a d’égal que sa sonorité. Souple et mélodieux, il délivre des performances tout à fait honorables avec un 0 à 100 km/h accompli en 5 »7.

Pourtant malgré ses bonnes manières, il ne peut rivaliser en terme d’agrément avec le TDI. Oui vous avez bien entendu, une fois n’est pas coutume, notre préférence va à son diesel de 350 ch. Tout aussi brillant en accélérations et vraiment étonnant au niveau musicalité, il faut tendre l’oreille pour découvrir de quel bois il se chauffe, ce bloc met tout le monde K.O. en reprises grâce à ses 800 Nm de couple (!). Quel que soit le régime, quel que soit le rapport engagé, une pression sur l’accélérateur et l’A8 détale à toute vitesse. Bluffant ! Mais gare au point du permis car les vitesses atteintes sont très rapidement répréhensibles et c’est dans la plus grande insouciance que l’on en vient à attaquer comme un sourd. De plus, on n’est pas perturbé par les passages de rapports, la boîte automatique Tiptronic 8 s’en charge à votre place et plutôt bien d’ailleurs. À double visage, cette transmission sait se faire douce et prévenante à allure modérée, aussi vive que l’éclair mais jamais brutale quand on hausse le ton. Au chapitre consommation, le TDI enfonce le clou avec 7,6 L/100 km annoncés en cycle mixte.

Sur la route

Vous l’aurez compris, les kilomètres parcourus au volant de cette nouvelle A8 sont un vrai régal et le châssis n’y est pas étranger. Construite autour d’une structure en aluminium, l’A8 a beau peser près de deux tonnes, elle reste légère pour le segment et son agilité est tout à fait surprenante. Prenant peu de roulis, bénéficiant d’une direction très précise et d’une suspension pneumatique adaptative obéissant au doigt et à l’oeil, l’A8 se plie à tous les styles de conduite sans broncher. On ne parle bien évidemment pas de sportive accomplie, rappelons que c’est une limousine destinée à transporter les grands de ce monde, mais ses prestations routières sont étonnantes de maîtrise.

Moins « tapis volant » qu’une Mercedes Classe S, plus précise encore qu’une Série 7, l’A8 profite en plus d’une motricité sans faille grâce à l’action combinée de la transmission intégrale quattro et du différentiel quattro Sport (série sur TDI). Enfin, une brève escapade sur autoroute allemande nous a rassuré quant à sa stabilité à haute vitesse et à son potentiel de dévoreuse d’asphalte.


Bilan

Terriblement élégante, honteusement confortable et luxueuse, l’A8 est l’exemple le plus abouti du savoir-faire Audi en matière d’automobile. En plus d’effectuer avec brio les tâches que l’on est en droit d’attendre d’une limousine, elle rajoute le plaisir de conduite grâce à des mécaniques brillantes et à un comportement qui ne l’est pas moins. Ses seuls défauts, un prix démesuré pour le commun des mortels, plus de 100 000 EUR avec les options, mais qui se justifie par l’excellence du produit dans tous les domaines, et une déresponsabilisation du conducteur.

Le sentiment de sécurité due à ses mensurations et à ses équipements, son silence de fonctionnement et sa facilité de prise en main pourraient bien en faire un délinquant de la route, pour reprendre une expression trop bien connue. Alors pourquoi ne pas rester à l’arrière et laisser son chauffeur prendre à sa place ?

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