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Léa Picosson

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Essai Audi TT RS : Feu de joie

Tout juste un an après le (272 ch), remet le couvert avec la version ultime RS. Véritable chasseur de Cayman, le petit coupé aux anneaux arrive avec un look de voyou, un châssis encore plus affûté, mais marque surtout le retour du cinq cylindres chez Audi. Avec 340 ch sous le capot et des performances de GT, le pourrait bien prétendre au titre de référence de la catégorie. Essai en pleine Forêt Noire.

Onze ans ! Audi aura attendu onze ans pour donner une version RS au TT alors que les amateurs la demandaient à corps et à cris et que le contexte économique avait été plus favorable jusque-là à un coupé de 340 ch vendu près de 60 000 EUR. Mais ne boudons pas notre plaisir, aujourd’hui il est là et quelle présence ! Avec son gros bouclier avant largement aéré et prêt à avaler la route, avec son aileron fixe (option gratuite) et ses deux canons ovales façon en guise d’échappements, le TT signé Quattro GmbH, le département sport d’Audi, fait sentir qu’il n’est pas là pour plaisanter. Une impression qui n’estompe pas une fois à l’intérieur, le petit volant sport, les superbes sièges baquets et le pédalier alu fleurent bon la compétition. Des éléments qui tranchent avec le traitement luxueux de l’habitacle, tout de cuir vêtu, confortable (pour deux personnes !) et à la finition toujours irréprochable, mais est-il utile de le rappeler tant Audi maîtrise le sujet ?

La preuve par cinq

Après ce rapide tour du propriétaire, il est temps de soulever le capot pour admirer le morceau de choix de ce : un cinq cylindres . Disparu depuis le break RS2 (2.2 litres 315 ch), le cinq cylindres a fait la réputation de la marque notamment en rallye dans les années 80. Aujourd’hui il fait son retour et de façon très remarquée. Comme certains pourraient le penser, ce nouveau bloc n’est pas un demi-V10 de R8 mais bien un moteur à part entière développé pour l’occasion et qui ne lésine pas sur les raffinements techniques : pistons et culasse en aluminium, bielles forgées, soupapes d’échappement refroidies au sodium, injection directe…À noter que le bloc fait appel à de la fonte graphite vermiculaire, un matériau utilisé sur les moteurs diesels pour son rapport rigidité/légèreté excellent.

Grâce à cela, ce coeur d’athlète catapulte le TT RS avec un force incroyable, bien aidé dans sa tâche par un turbo soufflant à 1,2 bar et produisant un petit effet « coup de pied aux fesses » à 3 000 trs/min. Les accélérations sont dantesques et sont rythmées par une sonorité rauque qui donne envie d’appuyer un peu plus fort sur la pédale de droite, d’autant que la puissance maxi est délivrée entre 5 300 et 6 500 trs/min. À noter que la bande son peut être encore amplifiée grâce à la touche Sport qui libère des clapets dans la sortie d’échappement gauche tout en offrant une réponse plus rapide à l’accélérateur.

Mais ce qui étonne le plus avec ce moteur c’est son caractère élastique, ses 450 Nm de couple étant disponibles sur une large plage, de 1600 à 5300 trs/min. Les relances sont donc intenses et ce sur n’importe quel rapport. Les rapports justement, au nombre de six, se montent et se descendent via une boîte manuelle à trois arbres, un choix technique qui s’explique par l’indisponibilité d’une boîte S-tronic à double embrayage capable de digérer un tel couple sur une mécanique transversale. Les puristes apprécieront d’autant que sa commande est un régal de précision et de rapidité.

Terminons par les performances qui confirment tout le bien qu’on pense de ce moteur : 250 km/h en vitesse maxi, la bride pouvant être relevée à 280 km/h moyennant quelques euros, et le 0 à 100 km/h est expédié en 4 »6, rappelons qu’une demande 6 dixième de plus sur le même exercice.

Hommage à l’efficacité

Dire que le TT RS est efficace n’est pas un vain mot. Il faut dire qu’Audi est parti d’une bonne base, celle du TT S dont les suspensions ont été simplement raffermies de 10 %. À noter que l’assiette a été abaissée de 10 mm par rapport au reste de la gamme. Ferme mais pas inconfortable, le brille par son toucher de route précis et ce malgré une direction peu informative. Les réactions sont vives, peut-être un peu moins sur l’avant par rapport au S à cause d’un moteur plus lourd, et la tenue de route est tout simplement prodigieuse. Équilibré, stable, le petit coupé est imperturbable quels que soient la surface et l’angle du virage, un comportement qu’il doit en grande partie à l’excellente transmission intégrale Quattro. Les plus tatillons lui reprocheront sont manque de fun, toujours en comparaison avec le Cayman, mais l’efficacité dont il fait preuve frise la perfection. Un seul problème, sa facilité de prise en main et son aisance conduisent rapidement à des vitesses hautement répréhensibles, d’ailleurs certains cyclistes à la peine sur notre parcours d’essai s’en souviennent encore !

Terminons par un petit mot sur le freinage. Plutôt XXL, le système fait appel à des disques de 370 mm à l’avant et de 310 mm à l’arrière pincés par des étriers quatre pistons siglés RS. Autant dire que ça freine fort et longtemps !

Il a su se faire désirer ce , mais notre attente a été récompensée par un quasi sans faute. Look démoniaque, qualité de fabrication, moteur surdoué, comportement hors pair, le TT RS ne fait pas honte au blason, bien au contraire. Il prouve une fois de plus la capacité d’Audi à produire des voitures performantes et utilisables au quotidien. Mais comme toujours à Ingolstadt le prix est également de haut niveau : 59 900 EUR pour le coupé, 63 500 EUR pour le roadster.

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