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Léa Picosson

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Essai Citroën DS3 Racing : Espoir Sportif

Presque une décennie que Citroën règne sans partage sur le WRC grâce à un Sébastien Loeb au sommet de son art. Presque une décennie aussi que la gamme Citroën ne compte plus une voiture sportive, la dernière en date étant la Saxo VTS dont la carrière s’est achevée en 2003. L’arrivée de la DS3 Racing pourrait bien rattraper le temps perdu. Employons le conditionnel car malgré son look démoniaque, son moteur turbo de 200 ch et son tirage en série très limitée, la citadine chic transformée en GTI a-t-elle les moyens de faire oublier ces années de disette et est-elle aussi radicale qu’elle veut le laisser croire ?

Dans l’oeil du photographe

Première d’une lignée de modèles premium, la DS3 est non seulement un véhicule d’image mais aussi un succès commercial. Il faut dire que son look de bombinette endimanchée y est pour beaucoup. Avec la version Racing on bascule dans le provocant, surtout dans cette livrée noire et orange, une des deux proposées, l’autre mêlant le noir et le blanc. Assiette abaissée de 15 mm, jantes 18 pouces, étriers rouges siglés Citroën Racing et nombreux éléments en carbone véritable, la panoplie de la DS3 R en met plein la vue et déclenche l’attroupement. Plus tuning haut de gamme que véritable préparation, la DS3 marche clairement sur les plates-bandes d’une certaine Mini.

Vie à bord

On avait salué la DS3 pour sa finition qui représentait un véritable bon avant pour Citroën en matière de qualité perçue. On salue une nouvelle fois la DS3 R pour l’ambiance sportive qu’elle distille. Tableau de bord orange, inserts en carbone, baquets cuir et alcantara, pédalier alu, l’atmosphère fleure bon la compétition. On imagine assez bien prendre le départ d’une spéciale à son volant mais les harnais et l’arceau sont réservés à notre septuple champion du monde qui étrenne la voiture cette année. Seul petit reproche à faire à cette DS3 R mais qui concerne l’ensemble de la gamme c’est l’habitabilité restreinte surtout aux places arrière. Dans ce domaine, la rivale Mini ne fait pas mieux voire moins bien.

Les équipements

La DS3 Racing a beau se donner des airs de voiture de course, elle n’en oublie pas le confort avec un équipement généreux issu de la finition Sport Chic. Outre le traitement luxueux de son habitacle, les feux et essuie-glaces automatiques, la climatisation automatique, la radio CD MP3 et l’aide au stationnement font partie de la dotation de série.

Sous le capot

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la DS3 R n’adopte pas tel quel le moteur 1.6 THP du Peugeot RCZ et donc de la Mini John Cooper Works. Les deux blocs ont beau appartenir à la même famille et afficher une puissance similaire, celui de la DS3 est en fait une version antérieure dépourvue de la levée variable des soupapes d’admission. Dans les faits, avec 202 ch et 275 Nm de couple, notre citadine aux chevrons offre un tempérament des plus plaisants et une grande disponibilité. Puissant et plein comme un oeuf, le quatre cylindres à injection directe autorise des performances canon avec 235 km/h en pointe et 6 »5 au 0 à 100 km/h . Pourtant, nous restons un peu déçus à cause d’un caractère trop linaire, certes très appréciable au quotidien mais avare en sensations, et d’une sonorité trop étouffée. De plus, la boîte 6 dont la commande est irréprochable affiche des rapports trop longs ce qui a tendance à lisser un peu plus le caractère mécanique. Sur le plan de l’agrément, la Mini garde une longueur d’avance grâce à un étagement de boîte mieux adapté et à une voix plus envoûtante.

Sur la route

Développée par Citroën Racing, la DS3 du même nom dispose de voies élargies de 30 mm et de réglages spécifiques de direction et de suspensions. À première vue, on pourrait penser que les séances de kiné sont comprises dans le prix. Ce serait mentir de dire que l’auto n’est pas ferme mais son niveau de confort étonne. Moins sautillante que la Mini, la DS3 révèle un comportement plus rigoureux et avale les obstacles sans forcer. Efficace et facile, elle affiche clairement son statut de sportive bourgeoise. À la limite, l’avant sous-vire et l’arrière scotché au sol par ses gros pneus (215/40 R18) refuse de décrocher. Sécurisant, ce tempérament ne colle pas avec l’image de GTI radicale qu’elle véhicule. Moins fun qu’une Mini, elle souffre malheureusement du même défaut que la Britannique, à savoir un train avant parfois dépassé par les évènements ce qui nuit à l’efficacité générale de l’auto. Dommage car l’ajout d’un différentiel autobloquant aurait permis d’endiguer ce phénomène et faire de la DS3 R un outil de grande précision. D’autant plus dommage qu’elle profite d’une direction parfaitement calibrée et d’un freinage aussi puissant qu’inépuisable.

Bilan

Limitée à seulement 2 000 exemplaires et facturée près de 30 000 EUR, la DS3 R ne manque pas de prétentions. Dans la forme, la bombinette aux chevrons réalise un sans-faute, sur le fond nous émettrons quelques réserves en partie à cause d’un moteur peu explosif et d’un châssis un peu trop policé. Une version dépouillée et munie d’un autobloquant lui permettrait d’entrer dans la légende de la route. Pour la compétition, c’est Sébastien qui s’en charge !

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