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Léa Picosson

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Essai Citroën DS5 HYbrid4 – Audace maîtrisée

Citroën avait promis trois modèles DS, promesse tenue car après DS3 et DS4 c’est DS5 qui s’apprête ces jours-ci à arriver sur le marché. À la fois compacte, berline et break, la DS5 ne laisse pas indifférent et permet à la marque aux chevrons d’atteindre un stade supérieur dans le premium. Design, finition, motorisations, une voiture française a-t-elle enfin les armes pour lutter équitablement avec les références allemandes ? Réponse avec l’essai de cette nouvelle DS5 dans sa version hybride diesel.

Dans l’oeil du photographe

Il est vrai, Citroën avait franchi un cap en matière d’audace stylistique avec ses DS3 et DS4 mais cette DS5 fait tout de même figure d’originale de la bande. Avec 4,53 m en longueur, la DS5 est aussi longue qu’une Renault Mégane Estate mais surtout 25 cm plus courte qu’une C5. Elle compte pourtant s’attaquer à de grands noms type BMW Série 5 ou Audi A6 et mise pour cela sur une silhouette atypique évoquant le break de chasse. Tout est soigné sur cette DS5 à l’image des sabres en aluminium qui soulignent le capot, des prises d’air flottantes sur le bouclier avant, des jantes au dessin très travaillé ou encore des deux sorties d’échappement biseautées. Nous avons été surpris de passer autant de temps à faire le tour d’une voiture française tant les détails qui font les belles autos ne manquent pas sur le nouveau porte-drapeau de la marque aux chevrons.

Face au conservatisme élégant mais parfois ennuyeux des berlines allemandes, la DS5 oppose une étonnante modernité. Soulignons pourtant que le design de la DS5 est quasiment figé depuis 2005, date de la présentation du concept C-Sportlounge (photos ci-dessous) au Salon de Francfort.

Vie à bord

Malgré les efforts de finition réalisés dans les DS3 et DS4, on regrettait de retrouver un mobilier de grande série. Avec DS5, Citroën crée un produit unique avec une forte personnalité même à l’intérieur. On retrouve quelques inspirations du côté de chez Porsche notamment pour la console centrale mais les assemblages sont irréprochables, les matériaux employés de belle facture et l’ambiance définitivement luxueuse. Le thème de l’horlogerie haut de gamme se retrouve sur le fameux cuir « bracelet » mais également au niveau de l’instrumentation et de la montre analogique au sommet de la planche de bord.

Pour justifier son positionnement premium, la DS5 ne lésine pas sur les équipements technologiques comme l’affichage tête haute, l’alerte de franchissement de ligne, le système d’appel d’urgence ou encore les sièges massants. Malgré la présence du triple toit vitré « cockpit », certains pourront se sentir à l’étroit dans cette DS5. La faute à de faibles surfaces vitrées qui handicapent aussi la rétrovision et gênent dans la perception du gabarit de l’auto. Enfin côté habitabilité, les dimensions et le profil de la DS5 nous faisaient craindre un espace limité surtout à l’arrière. Il n’en est rien puisque l’on se sent à l’aise à toutes les places. Les bagages eux pourront profiter d’un volume de chargement de 468 L (325 L en version HYbrid4).

Les équipements

Dans sa version HYbrid4, la DS5 reprend à son compte les dénominations So Chic et Sport Chic. La première propose de série la climatisation bi-zone, les détecteurs de pluie et de luminosité, l’ordinateur de bord, l’accès et le démarrage sans clé, le régulateur de vitesse, l’autoradio CD MP3, les radars de recul, le toit vitré et les jantes 18 pouces. La finition Sport Chic (+ 4 000 EUR) rajoute l’affichage tête haute, la caméra de recul, les sièges électriques chauffants et massants, les projecteurs directionnels bi-Xénon, la sellerie cuir et la navigation.

Sous le capot

Deuxième modèle du Groupe PSA à reprendre le système HYbrid4, la DS5 est la première Citroën hybride de l’histoire. Pour rappel, l’HYbrid4 est une technologie hybride parallèle qui associe un 4 cylindres 2.0 HDI de 163 ch entraînant les roues avant et un moteur électrique de 37 ch entraînant les roues arrière. Les bénéfices du système sont multiples : une puissance totale de 200 ch, un bilan énergétique flatteur (4,1 L/100 km en cycle mixte et 107 g/km), une transmission intégrale et un mode tout électrique jusqu’à 60 km/h et sur 3 km.

À l’usage, l’ensemble se montre très convaincant car en ville rien n’égale le bonheur de rouler en silence et quand le besoin de puissance se fait sentir la mécanique répond présente avec des accélération et des reprises franches. Le système cumule les raffinements avec en plus du Start & Stop, quatre modes de conduite en fonction des conditions : Auto (gère automatiquement le passage du thermique à l’électrique en optimisant la consommation), ZEV (tout électrique zéro émission), 4RM (transmission intégrale en cas de faible adhérence) et Sport (le thermique est aidé par l’électrique qui joue alors un rôle de « boost »). L’effet hybride opérant, on joue le jeu de la consommation en suivant attentivement les flux d’énergie depuis l’instrumentation. On adopte alors une conduite plus souple même si cette DS5 HYbrid4 ne manque pas de tempérament avec un 0 à 100 km/h couvert en 8 »6. Son seul véritable défaut reste sa boîte pilotée BMP6. Même si le passage à l’hybride lui redonne un peu de fluidité, les passages de rapports sont encore trop lents et occasionnent encore trop d’à-coups.

Sur la route

Comme son nom pourrait le suggérer, la DS5 ne reprend pas les trains roulants de la C5. Elle repose en réalité sur la plate-forme compacte de PSA, utilisée notamment par les Peugeot 3008 et 5008. Fidèle à sa réputation, Citroën a donné à sa DS5 un haut niveau de confort même si l’option jantes 19 pouces dégrade un peu ce dernier. Parfaitement insonorisée, la DS5 avale les kilomètres avec aisance. Neutre dans ses réactions, elle n’en est pas moins vive malgré un poids respectable dépassant les 1,6 tonne, et la portion de montagne de notre parcours a démontré toute son efficacité notamment au niveau du train avant. À défaut d’offrir des prestations sportives, la DS5 autorise une conduite dynamique et permet d’aller vite en toute sérénité grâce à une grande stabilité et à un freinage efficace. La météo quasi-estivale le jour de notre essai ne nous a pas permis d’apprécier les qualités d’adhérence de la transmission 4 roues motrices mais nous ne manquerons pas de reprendre le volant de cette DS5 dès les premiers flocons.

Bilan

Sans être irréprochable, la DS5 HYbrid4 est tout de même une belle réussite stylistique, technique et d’image pour la marque Citroën. Elle profite d’une stature que n’ont pas ses compatriotes Peugeot 508 et Renault Latitude. Elle offre en tout cas des prestations dignes des références allemandes qu’elle entend défier. Et son prix se montre plus raisonnable: à partir de 39 950 EUR (- 2 000 EUR de bonus). Une seule question demeure, la clientèle type sera-t-elle prête à débourser près de 40 000 EUR pour la nouveauté tendance française ou préfèrera-t-elle opter pour une valeur sûre allemande quitte à renoncer à quelques équipements ?

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