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Léa Picosson

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Essai Fiat 500L Trekking 1.6 MultiJet 105 ch – Transformiste

Restée seule pendant 5 ans, la Fiat 500 a pris goût à la famille au point de faire trois « petits » en seulement un an. Parmi ces nouveautés qui essayent de capitaliser sur la poule aux œufs d’or de Turin, mais qui n’ont plus vraiment grand-chose à voir avec la mini-citadine originelle, l’une propose l’évasion, voire l’aventure. Baptisée 500L Trekking, elle permet non seulement à Fiat  de présenter un nouveau modèle à moindre frais mais aussi de s’immiscer sur un segment porteur, celui des crossovers citadins.

D’abord hésitant, Fiat ne cache désormais plus son intention de faire de la 500 une gamme complète, et multiplie même les lancements histoire d’occuper le terrain et de profiter de l’engouement encore fort pour ce modèle (17 840 unités vendues en France en 2012 et déjà près de 16 000 depuis janvier 2013). On ne vous reparlera pas de la 500 des origines sortie en 1957, on ne fera pas non plus de prédiction sur l’avenir commercial des 500L, 500L Trekking, 500L Living et bientôt 500X, mais nous donnerons un chiffre, celui du nombre d’exemplaires écoulés de la 500 depuis sa résurrection en 2007 : plus de 1,1 million. Alors on peut toujours critiquer sa progéniture – gabarit plus vraiment mini, non-respect du design initial, coup marketing – mais comment  en vouloir à une marque comme Fiat, dont les échecs ont été nombreux, d’exploiter un nom qui fonctionne et qui représente encore un tiers de ses ventes.


Un véritable caméléon

La Fiat 500L Trekking, c’est avant tout une Fiat 500L c’est-à-dire le croisement entre une 500 et un monospace. Plus longue de 60 cm par rapport à la 500, la 500L gagne encore 12 cm (4,27 m) en devenant Trekking. Un gabarit donc à mi-chemin entre les citadines et les compactes qui rejoint une volonté affirmée de chasser sur les terres des crossovers grâce à son look. Bouclier avant plus agressif, jantes 17 pouces, entourages d’ailes et de bas de caisse en plastique noir, protections avant et arrière aluminium, la 500L Trekking tente de s’inviter au bal des nouvelles stars du marché type Renault Captur, Peugeot 2008 et Nissan Juke.
Et comme chacune propose sa propre recette, plus ou moins chic, plus ou moins typée SUV, pourquoi l’Italienne  ne pourrait-elle pas être la familiale de la bande ? En effet avec sa silhouette plus proche d’un monospace que d’un 4×4 traditionnel, le 500L Trekking est certainement la plus accueillante des citadines à tendance baroudeuse. La place offerte aux passagers est vraiment confortable, à l’avant comme à l’arrière, et le grand toit vitré optionnel (800 €) renforce une impression d’espace déjà très nette. Et que dire de ce coffre digne du segment supérieur, oscillant entre 343 L et 400 L grâce à une banquette arrière coulissante.  

Pour le reste, on retrouve l’ambiance proposée par la 500L classique avec une planche de bord bien dessinée et originale. Malheureusement la commande de boîte est toujours déroutante de par sa forme et sa taille, la position de conduite  se révèle toujours trop droite et les plastiques qui garnissent l’habitacle ne sont pas très valorisants. Notons que question finition, la Trekking n’est pas la plus mal lotie, pensons notamment au Captur.  Elle rattrape ses petites imperfections par une très jolie sellerie bicolore qui apporte un peu plus de chaleur à son intérieur.
Au chapitre équipement, la 500L Trekking calque sa dotation sur celle de la version haut de gamme Lounge avec le minimum de série : climatisation manuelle, régulateur de vitesse, radio CD MP3 avec Bluetooth et écran tactile. Dans ces conditions le Pack Confort (clim auto, radars de recul, capteur de pluie et de luminosité) à 650 € nous semble indispensable, tout comme le peinture bicolore à 1 100 € (toit noir ou blanc) qui reste malgré tout assez chère.


Le look mais pas l’emploi

Davantage considérée comme une finition de la 500L que comme un modèle à part entière, la Trekking profite donc de la totalité des motorisations du catalogue, de 95 ch à 105 ch en essence et de 85 ch à 105 ch en diesel. N’attendez pas d’elle des spécificités techniques poussées, elle se contente d’une garde au sol relevée de 13 mm, de pneumatiques mixtes M+S, de suspensions assouplies plus tolérantes sur les cassures et enfin d’un contrôle de traction évolué comme sur le 2008 par exemple.  Appelé Traction+, il s’active via un bouton au niveau du levier de vitesses et agit jusqu’à 30 km/h en freinant  la roue en perte de motricité. Un artifice qui peut se révéler utile dans les situations difficiles mais pas autant qu’une véritable transmission intégrale.
Comme tous les véhicules de son espèce, les aptitudes de la Trekking hors bitumes sont quasi-nulles, et cela est d’autant plus dommage que Fiat possède une certaine expérience de la citadine crapahuteuse avec plus de trois décennies de Panda 4×4.  Pour plus de polyvalence, il faudra attendre la 500X (courant 2014) qui sera effectivement proposée avec quatre roues motrices.  

Sur la route, pas de souci, on retrouve le comportement neutre de la 500L avec un bon équilibre et une tenue de route rassurante. Toutefois,  la Trekking se montre légèrement plus confortable que la 500L de base sans que ce soit satisfaisait pour autant. Elle présente en revanche moins de maintien en courbe en raison d’une hauteur supérieure et d’un amortissement plus permissif. Sans atteindre le dynamisme d’un 2008, la 500L Trekking affiche des qualités routières indéniables, qui associées à un moteur diesel 105 ch volontaire lui permettent de s’aventurer hors des villes sans crainte. Ce dernier est de toute façon nécessaire à la Trekking qui accuse tout de même près de 1,4 tonne sur la balance.  Peu sonore et raisonnable sur la boisson (5,6 L/100 km en moyenne lors de notre essai), son 1.3 MultiJet est malheureusement bridé par un étagement de boîte trop long, bien entendu plus favorable   aux émissions qu’à l’agrément.


Essai Fiat 500L Trekking  1.6 MultiJet 105 ch – Bilan

Ni vraiment citadine, ni vraiment monospace, ni vraiment crossover, la Fiat 500L Trekking semble hésiter entre plusieurs catégories. Elle ne s’en retrouve pas pour autant égarée comme peuvent l’être parfois certains modèles dictés par des choix marketing. Son look, son accueil, ses aptitudes familiales et routières en font une voiture très fréquentable et pertinente. Reste des tarifs peut-être un petit peu élevés (identiques à la finition Lounge) : à partir de 18 950 € en essence 95 ch et 22 050 € pour notre version diesel 105 ch.

 

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