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Léa Picosson

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Essai Kia Venga : Sentiments partagés

Avec une progression supérieure à 30 % à fin novembre, Venga. Petite escapade romaine au volant de ce petit qui a tout d’un grand.

Dans l’oeil du photographe

Découvert au dernier salon de Genève sous la forme d’un concept baptisé Citroën C3 Picasso mais il doit aussi compter sur les vieillissants Renault Modus et Opel Meriva dont la relève est attendue pour 2010.

Au chapitre design, le Venga mise sur des ligne chics et dynamiques. L’ensemble est très proche du concept, on regrettera simplement l’abandon du toit vitré panoramique séparé du pare-brise par un surprenant renfort oblique. Moins remarquable que le Picasso, le Venga se distingue pourtant des autres productions coréennes, excepté le Soul, qui manquent toujours de personnalité. Il pourrait en effet tout aussi bien porter un blason européen à l’image de marque plus établie. Sa silhouette rondouillarde et son visage jovial séduiront à coup sûr la clientèle féminine à laquelle il se destine.

La vie à bord

En passant à l’intérieur, on sent tout de suite que le Venga est un produit 100 % européen, conçu, développé et produit en Europe. L’ambiance très austère fait penser à certains modèles d’Outre-Rhin et la finition qui, sans atteindre l’excellence de ces derniers, est d’un très bon niveau. Certains plastiques dénotent encore mais la concurrence actuelle ne se démarque pas sur ce point. Une fois au poste de pilotage on appréciera un agencement intelligent des commandes, une bonne prise en main du nouveau volant à quatre branches Kia et une position en hauteur rassurante surtout en ville. Les assises offre un moelleux acceptable mais on ne peut pas en dire autant de leur maintien.


Enfin pour ce qui est de l’espace, le Venga offre des prestations étonnantes. Alors qu’il ne mesure que 4,06 m de long, il présente des côtes particulièrement favorables aux passagers. La preuve, mon partenaire du jour qui fait partie des plus grands de la profession s’est senti tout de suite à l’aise en passant à l’arrière et n’a eu nul besoin d’avancer un siège. Une surprise que l’on doit à un empattement généreux de 2,61 m, rappelons que le Venga repose sur une plate-forme rallongée de Soul. Avec tout cela on s’attendait à trouver une vulgaire boîte à gants en guise de coffre. Et bien pas du tout, ce dernier offre une des plus grandes contenances de la catégorie avec 440 L. Il peut même atteindre 570 L grâce au plancher à hauteur variable. On notera aussi une banquette arrière coulissante et escamotable dans le plancher. Là est un des principaux atouts du Venga, un gabarit réduit et un espace digne de la catégorie supérieure.

Les équipements

Au lancement, le Venga est disponible en trois niveaux de finition : Style, Active et Premium. Le premier offre de série la climatisation manuelle, l’ordinateur de bord et l’autoradio CD MP3 avec commandes au volant. Pour la climatisation automatique, les radars de recul, le régulateur de vitesse et les antibrouillards, il faudra s’orienter vers le second facturé 1 400 EUR de plus. Enfin, la finition Premium permet d’accéder à l’allumage automatique des feux, au toit ouvrant panoramique, aux jantes alliage 16 pouces et à la sellerie semi-cuir pour 1 600 EUR de plus. Notons que la navigation est proposée en option uniquement sur Premium contre 1 500 EUR et que le Pack « EcoDynamics » avec arrêt et redémarrage automatique ISG, pneus à faible résistance et indicateur de changement de rapport demande une rallonge de 300 EUR.

Sous le capot

Côté moteur, l’animation est assurée par deux quatre cylindres de 1.4 L de cylindrée, un essence et un diesel, développant tous deux 90 ch. Un 1.6 L essence de 125 ch figure aussi au catalogue mais il ne nous a pas été donné l’occasion de l’essayer.

Autant ne pas tourner autour du pot, que ce soit en essence ou en diesel, le Venga déçoit par son manque de caractère mécanique. Alors même si Kia défend les 90 ch pour des questions de coût et de demande du marché, nous restons sceptiques surtout que le 1.6 L fait déjà partie de l’offre en essence et existe aussi en diesel 110 ch sous le capot de la Cee’d. Avec environ 1,2 tonne à traîner, nos deux blocs sont à la peine. Les accélérations sont loin d’être fulgurantes, même constat pour les reprises, à peine le diesel parvient-il à relever le niveau avec ses 220 Nm de couple. Pour disposer d’un peu de pêche, il ne faut pas hésiter à les brusquer et c’est alors que le niveau sonore devient vite gênant et les consommations plus vraiment au niveau de celles annoncées : 7,0 L/100 km en cycle mixte pour l’essence, 4,7 L/100 km pour le diesel. Compte tenu de ces prestations notre enthousiasme redescend d’un cran au sujet du Venga. Il conviendra tout de même d’apporter une nuance, la référence C3 Picasso souffre du même défaut de sous-motorisation en 90 ch et son HDI 110 parvient tout juste à offrir un agrément intéressant.

Sur la route

Mais notre déception allait s’accentuer au moment de juger le comportement routier du minispace coréen. Explications. Bien souvent, nous critiquons ardemment une auto dont les trains roulants ne sont pas à la hauteur du caractère de son moteur. Toutefois nous restons indulgents face au plaisir procuré, mais avec le Venga nous sommes face à la situation inverse et notre frustration est d’autant plus grande. La qualité du châssis pâtit du manque de brio de ses motorisations. Sans être un monstre d’efficacité, le Venga hérite de suspensions plutôt fermes, trop jugeront certains, ce qui profite à la précision dans les changements d’appuis et participe à l’enrayement du roulis. Le Venga apparaît donc particulièrement sain et peut s’aventurer sans crainte hors agglomération. Nous terminerons par un petit mot sur un freinage sans reproche et sur une direction offrant un bon feeling et se montrant suffisamment informative.

Bilan en demi-teinte pour ce Venga ! D’où cette question qui nous taraude : pourquoi l’avoir doté de trains roulants aussi « affûtés », quitte à rogner sur le confort, pour lui offrir une motorisation aussi fade ? Le décalage aurait été certainement moins net avec un amortissement plus souple. À l’inverse, on aurait trouvé particulièrement cohérent de miser sur le dynamisme, une carte déjà jouée par son design, en offrant ce même comportement efficace couplé à des moteurs plus pêchus. Ajoutons à cela un accueil spacieux et modulable, des tarifs étudiés : à partir de 14 690 EUR en essence et 16 590 EUR en diesel, et le Venga aurait très bien pu ravir le titre de référence de la catégorie au C3 Picasso. Puisse Kia nous entendre et rectifier le tir rapidement.

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