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Léa Picosson

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Essai Mitsubishi Lancer Evolution MR : Kung Fu Panda

Si le discours officiel ne fait plus de la nouvelle Evo IX que nous en ferons l’essai. Attention, la succession d’une des sportives les plus abouties de sa génération, ça se mérite !



Autant le dire tout de suite, les précédentes versions de Lancer Evolution n’ont jamais été des reines de beauté, leur intérêt était ailleurs. La nouvelle pour sa part, marque un tournant dans le style. Bien sûr sa partie arrière, toujours surmontée d’un énorme aileron, n’a rien de très originale, mais sa face avant reprend à merveille celle du prototype X du salon de Détroit 2007. Très agressive, cette nouvelle proue avec son regard acéré et sa calandre façon bouche béante transpire le sport. Sport qu’on retrouve au travers des magnifiques jantes BBS et des étriers rouges signés Brembo.

À l’intérieur aussi on remarque un changement. La finition est en net progrès, l’ambiance est plus techno grâce aux plaquages noir laqué et aux inserts aluminium. Climatisation régulée, système navigation-multimédia haut de gamme, sièges chauffants, la Lancer s’est embourgeoisée, mais n’a pas encore le cachet des teutonnes qu’elle compte concurrencer. Fort heureusement elle conserve ses superbes baquets Recaro qui, au passage, offrent un maintien irréprochable.

Au-delà de l’esthétique, c’est techniquement que les évolutions sont les plus marquantes. Bien sûr, l’Evo est toujours motorisée par un quatre cylindres turbo, mais elle abandonne le vieux bloc en fonte au profit d’un 2,0 L tout alu, développé en partenariat avec Hyundai et Chrysler. Le châssis est lui aussi inédit. La plate-forme d’origine Chrysler sert aussi bien au Mitsubishi Outlander qu’au Dodge Caliber. Tout le reste en revanche est spécifique à l’Evo afin d’offrir une rigidité plus en rapport avec ses performances.

Enfin dernière nouveauté et non des moindres, la Lancer est équipée désormais d’une boîte robotisée à double embrayage façon Volkswagen DSG et conçue par Getrag. Utilisable selon trois modes, Normal, Sport et Super Sport, la Sport Shift Transmission (STT) permet de rouler en tout automatique ou de passer les rapports via des palettes situées derrière le volant et solidaires de la colonne de direction. Une chose qui ne change pas en revanche, c’est l’excellente transmission intégrale S-AWD qui propose toujours trois modes, Tarmac, Gravier et Neige et qui sous l’action de ses trois différentiels, un à l’avant, un au milieu et un à l’arrière, le tout piloté électroniquement, procure une adhérence hors du commun.

Un mot d’ordre : efficacité



Plus que sur une simple fiche technique, c’est l’épreuve de la route qui met en lumière ces différentes évolutions. Malgré ses 15 ch de plus par rapport à l’Evo IX, la Mitsu semble avoir perdu de sa superbe. Les chevaux sont bien présents, mais ils souffrent d’une hausse de poids de plus de 130 kg, due à la boîte robotisée. La sonorité est plus étouffée qu’avant et le souffle du turbo qui intervient vers 3 000 trs/min est moins percutant que sur l’Evo IX. La Lancer demeure tout de même très performante avec un 0 à 100 km/h avalé en 6 »3 et une vitesse de pointe de 242 km/h. L’Evo IX alignait pour sa part 5 »7 et 250 km/h. La consommation elle, est toujours gargantuesque en conduite sportive, autour des 20 L/100 km.

Autre sujet de frustration, l’agrément offert par la boîte. Certes rapide dans les changements de rapports, plus agréable et plus pratique qu’une boîte manuelle, elle contribue à lisser le caractère de l’auto à cause d’un glissement encore trop prononcé même en mode Super Sport. Dommage car avec les palettes au volant on se prend vite pour Loeb.

À noter qu’une autre version de cette Lancer est disponible avec une transmission manuelle, la GSR. Moins chère, elle est aussi plus légère d’une quarantaine de kilos ce qui lui permettrait d’abattre le 0 à 100 km/h en 5 »4. Toutefois elle ne dispose pas des combinés Bilstein/Eibach ni des jantes BBS.

Par contre, là où cette nouvelle Evo ne déçoit pas c’est au niveau de ses prestations routières qui relèvent du surnaturel. Rares sont les voitures à passer aussi fort en virage et à proposer un tel degré d’efficacité. Même si les suspensions peuvent paraître plus souples qu’auparavant, on reste pantois face à sa capacité à négocier les courbes avec un léger survirage en sortie. La seule auto vraiment capable de lui tenir tête dans le sinueux c’est bien sûr la STI.

Plus confortable et mieux équipée, mais aussi plus lisse, il semble que la Lancer Evolution soit en accord avec son positionnement plus haut de gamme. Ses tarifs le prouvent car la version MR, à boîte robotisée, se négocie 53 000 €, soit près de 12 000 € de plus que l’Evo IX. Une note salée surtout pour un quatre cylindres. Bien qu’elle reste une des sportives les plus efficaces du moment, cette Mitsu devra, au risque de perdre son identité, passer au V6, voire au V8 si elle veut véritablement chasser sur les terres des berlines sportives allemandes de type M3 et RS4.

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