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Léa Picosson

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Essai nouveau Ford Kuga : l’épreuve de vérité

11h, arrivée à l’aéroport d’Ajaccio. Un ciel menaçant assombrit l’Ile de Beauté et révèle une force de caractère qui ne filtre pas sous son habituel vernis ensoleillé. Le nouveau Ford Kuga est là qui nous attend sur le parking de l’aéroport.

Design

De l’avis général, le Kuga est une réussite esthétique. Ford lui a appliqué son concept du « kinetic style », un langage de lignes tendues et musclées et de surfaces pleines qu’il décline sur tous ses nouveaux modèles en Europe.



Ce modèle est né sous le crayon des équipes de Martin Smith, directeur du style de la marque qui l’a voulu « séduisant sous tous les angles » et l’on ne peut que saluer le travail accompli ; particulièrement bien proportionné, le Kuga inspire la force et la robustesse du tout terrain en même temps que l’élégance d’une voiture faite pour évoluer principalement en milieu urbain.

Avec ses épaules larges, ses bas de caisse renforcés et ses passages de roue soulignés, il a tous les gênes de la voiture des champs mais ses manières soignées lui ouvrent indéniablement les portes de la vie citadine. L’énergie émanant du dessin des vitres latérales lui donne l’air d’être en mouvement même à l’arrêt et ses muscles finement dessinés séduisent.

L’arrière est dans le même esprit avec une double sortie d’échappement volontairement soulignée et un dessin qui cache un hayon à double ouverture, plus pratique qu’une simple lunette arrière ouvrable.

A l’intérieur, le design est plus convenu et suscite moins d’enthousiasme. La console centrale est sans grande originalité et déçoit un peu par son plastique peu flatteur. D’une manière générale, la finition est le point faible de l’habitacle. Trop d’économies sautent aux yeux et la qualité perçue s’en ressent cruellement (contre portes, aérateurs, miroirs de courtoisie…). En revanche, l’instrumentation en face du conducteur est du plus bel effet et les commandes sont bien situées autour du volant. On ne peut pas en dire autant de l’ergonomie de la console qui gère le GPS (option), la climatisation et l’autoradio. Des inserts en plastique métallisé orange ou bleu donnent une ambiance résolument technologique.

11h15. Fort de cette première observation, après avoir compris que notre version d’essai était équipée du système KeyFree qui permet d’ouvrir et de démarrer le véhicule simplement en portant la clé sur soi et après avoir repéré le bouton « Power » au sommet de la console centrale (bizarrement placé en dessous des warnings), nous partons.

Sortie de l’aéroport. Premier virage, premières gouttes. Avant de nous lancer dans l’évaluation des qualités du nouveau Ford Kuga, il nous semble important d’apporter quelques précisions quant aux conditions dans lesquelles il nous a été donné de l’essayer.

Ce jour-là, la Corse se montre hostile, elle s’éveille et s’ébroue pour mettre à rude épreuve qui part à l’assaut de ses flancs détrempés. Elle gronde, elle résiste, et elle sait qu’elle le vaut bien. En vraie femme, c’est en colère qu’elle est la plus belle. Et quelle colère ! en une journée il est tombé l’équivalent de plusieurs mois de précipitations, et il faut remonter à 1949 pour retrouver un tel record.

Des cours d’eau sortis de leurs lits, 1,5 mètres d’eau dans les rues d’Ajaccio, 179 personnes évacuées, la RN 196 coupée, des commerces de Sartène et Propriano inondés. C’est ainsi, sous une Corse lessivée, battue par le vent, rincée, détrempée, imbibée, saturée d’eau et sur des routes recouvertes de terre et jonchées d’éboulis que nous avons fait l’essai du nouveau crossover de Ford. Rien de tel!

Sur la route

Voilà une voiture qui a indéniablement de très bons essuie-glaces. Autant vous dire qu’ils ont été malmenés et qu’ils sont prêts à endurer. Mais ça n’est pas là la principale qualité du Kuga. Après les quelques 300km parcourus à son bord dans le déluge décrit plus haut, l’adjectif qui vient en premier à l’esprit pour le décrire est : sûr.

Sur les petites routes sinueuses du sud de la Corse, de Sartène à Porto Wechhio en passant par Propriano, nous avons roulé à bride abattue sans jamais prendre cette voiture en défaut. Malgré notre rythme de conduite soutenu, à aucun moment nous n’avons été surpris par ses réactions et si l’ESP a eu à intervenir, il a été bien discret. Sa tenue de route est exemplaire et l’agrément de conduite n’est pas en reste.

Avec ses quatre roues motrices, son poids de 1,6 tonnes et un centre de gravité naturellement élevé, le roulis est particulièrement bien maîtrisé et le véhicule « répond » bien même si le freinage gagnerait à être un peu plus mordant. Son moteur TDCi de 136 chevaux est suffisant pour assurer de bonnes performances (même s’il se montre un peu creux à certains régimes) et les dépassements peuvent s’envisager sans craintes.

Le Kuga est un SUV (Sport Utility Vehicle) qui n’a pas vocation à être un franchisseur. À l’occasion d’une escapade dans le maquis Corse, nous avons pu tester ses aptitudes en tout chemin qui nous sont apparues tout à fait satisfaisantes au regard de l’ambition qui est la sienne. Son châssis renforcé avec garde au sol réhaussée de 80 mm, ses jantes alliage de 17 pouces et ses protections lui permettent de passer dans les sentiers accidentés sans encombre ; avec lui, vous pourrez assouvir vos loisirs champêtres sans problèmes.

Autant dire que vous pouvez vous sentir en confiance dans cette voiture à la motricité sans faille épaulée par une kyrielle d’aides à la conduite aux intitulés mystérieux : ABS, EBA, ARM, TCS. La boite manuelle Durashift à 6 rapports est précise et bien placée ; une version automatique devrait être disponible l’année prochaine.

Précisons toutefois que nous avons eu en main la version quatre roues motrices équipée de la transmission intégrale automatique « Haldex » qui répartit le couple en s’adaptant au terrain jusqu’à 50/50 entre l’essieu avant et l’essieu arrière. Lors des manœuvres à basse vitesse, le véhicule passe en traction complète pour plus de maniabilité. Quant à la version 4×2, il s’agit d’une simple traction qui a priori, devrait afficher les mêmes qualités dynamiques que la transmission intégrale moins certains bénéfices inhérents au 4×4.

Confort

On se sent bien à bord du Kuga dont la luminosité est très agréable (surtout avec le toit panoramique réfléchissant et pourvu de stores), et le confort acoustique d’un très bon niveau. Le poste de conduite, légèrement surélevé, permet de trouver une position de conduite convenable en jouant sur les nombreux réglages (électriques pour le conducteur). Les sièges bien enveloppants sont de belle facture et la banquette arrière fractionnable permet de dégager un grand espace de chargement avec un plancher plat. Le cinquième passager en revanche, à moins d’être un enfant, risque de ne pas être tout à fait à son aise.

Au chapitre des rangements, outre la traditionnelle boîte à gant d’une bien mauvaise facture et les bacs de contre-portes assez peu pratiques, l’accoudoir central cache un espace assez grand et des bacs de rangements se trouvent sous les pieds des passagers arrières. Le cache-bagage se rétracte sur une simple impulsion ; pratique lorsque vous arrivez à bout de patience sur le parking de l’hypermarché les bras chargés de courses.

Sécurité

On l’a dit, le comportement routier du Kuga est tout à fait sûr. Il est en outre équipé de six airbags de série et de l’ESP et vient de décrocher les 5 étoiles (avec l’une des meilleures notes) aux très sévères tests de sécurité Euro NCAP.

Plus anecdotique, pour protéger votre voiture contre vous-même, Ford a inventé le « détrompeur ». Ce petit système vise à vous éviter de coûteuses étourderies en vous empêchant de remplir votre réservoir avec le mauvais carburant. Riez, mais ils sont 150 chaque jour à faire cette bourde, sans forcément oser l’avouer par la suite.

Motorisation

À ce chapitre, les choses sont des plus simples puisque ce SUV n’est disponible pour l’heure que dans une unique motorisation à savoir le Duratorq TDCi 2,0 litres de 136 chevaux qui propulse le Kuga de 0 à 100 km/h en 10,6 secondes avec une vitesse de pointe de 180 km/h. La consommation en cycle mixte est de 6,4 litres/100 km c’est-à-dire inférieure à celle des autres modèles de la catégories.

Ford a pris le parti d’arriver sur le marché avec une gamme resserrée correspondant au cœur du segment : 90% des SUV vendus en Europe carburent au gazole. Toutefois le constructeur prévoit tout de même de proposer une version essence à l’horizon 2009 ; il s’agira du Duratec cinq cylindres 2,5 litres de 200 chevaux.

Tarifs

Le Kuga est donc proposé avec une motorisation unique en deux modes de propulsion (4×4 et 4×2) et deux niveaux de finitions : Trend et Titanium. La finition de base (Trend) est vendue 27 350 euros en version 4×2 et comprend les 6 airbags, toutes les assistances à la conduites, la climatisation, l’autoradio CD avec prise MP3, ordinateur de bord, régulateur de vitesse, le volant en cuir et le double hayon.

Pour 1200 euros supplémentaires (Titanium) vous avez la climatisation bi-zones, une sellerie spécifique cuir :tissu, le rétroviseur électrochromique, la tablette aviation et les tapis de sol. La version 4×4 est compatible avec ces deux niveaux de finitions moyennant une majoration de 2000 euros.

À l’instar de la grande majorité des SUV, le Kuga est soumis au malus écologique ce qui devrait majorer son prix de vente en France de 200 euros pour la version 4×2 et 750 euros pour la version 4×4. Le malus ne prend pas en compte les émissions de particules très réduites grâce au filtre à particules (FAP) de série.

Exclusivement conçu pour le marché européen, c’est aussi sur le Vieux-Continent que sera produit le Kuga avec lequel Ford espère conquérir 70% de nouveaux clients ; son objectif est de 60 000 unités annuelles.

Webcar a aimé :

– le double hayon

– le « détrompeur » EasyFuel

– le cache bagage remisable

– le vaste toit panoramique (en option)

– l’habitacle certifié anti-allergénique

– la banquette rabattable avec plancher plat

– le système de détection de sous-gonflage

– la prise USB/iPod

– la prise de 230 volts à l’arrière

Webcar n’a pas aimé :

– la finition un peu « cheap »

– l’ergonomie du système GPS

– le temps de réponse du turbo

– la course un peu longue de l’embrayage

– les phares automatiques et le détecteur de pluie absents de la version de base

– les sièges peu enveloppants

Voir la fiche technique du Ford Kuga

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