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Léa Picosson

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Essai Renault Captur – Partie de chasse sur la ville

Un temps très à la mode en raison de leur excellent rapport encombrement/habitabilité, les minispaces ont toujours manqué de sex-appeal pour véritablement dominer le segment B. Et cet atout design ce sont désormais les petits crossovers qui l’apportent avec une déferlante de nouveautés cette année. Chez Renault on suit la tendance en remplaçant la Modus par le Captur, un petit baroudeur sur base Clio au look et à la modularité léchés.

Avec plus de 21 000 unités vendues l’an dernier en France, le Nissan Juke est pour le moment la star incontestée du segment des crossovers urbains. Mais la grenouille japonaise est en danger et la menace vient principalement de l’intérieur avec le cousin Renault Captur. Ce qui est intéressant de voir c’est que le Juke a occupé la 23ème place des ventes dans l’Hexagone en 2012  tandis que la Modus, remplacée par le Captur, pointait juste derrière en 24ème position avec un peu plus de 18 300 exemplaires. Renault a pour habitude de ne communiquer aucun objectif de ventes, mais nul doute que le Captur devrait rapidement passer devant le Juke car il reprend les qualités de la Modus en y apportant ce qui lui a toujours manqué, de la personnalité. Le Juke déjà promis à un rôle de second couteau, le Captur a donc le champ libre pour briller dans le top des ventes. À moins qu’un certain Peugeot 2008 ne lui vole la vedette. C’est ce que nous verrons lors de l’essai du crossover au lion à la fin du mois.


Elle est belle ma Renault !

En proposant le Captur aux côtés des nouvelles Clio berline et Estate, Renault dispose désormais d’une offre sur le segment B parmi les plus séduisantes. Signé Laurens Van Den Acker, le Captur reprend les nouveaux codes stylistiques de la marque de Billancourt, à savoir une silhouette dynamique et une face avant expressive dont l’élément central est le gros losange.  Ajoutons à cela une garde au sol importante (20 cm contre 8 cm pour la Clio), des protections de carrosserie en plastique et des flancs encore plus marqués et le Captur devient plus qu’une Clio rehaussée mais un véritable baroudeur.
Le petit plus du Captur c’est son programme de personnalisation avec notamment pour la première fois chez Renault une carrosserie bi-ton. Avec environ 200 combinaisons extérieures (teinte carrosserie, toit, jantes, stickers) et  100 combinaisons intérieures possibles, le client pourra se créer un Captur à la carte. Si certaines livrées sont plus tape à l’œil que d’autres, force est de reconnaitre qu’esthétiquement le Captur se veut valorisant, voire haut de gamme.
Enfin côté dimension, le petit dernier mesure 4,12 m en longueur, soit autant que le Juke et 6 cm de plus que la Clio. Un gabarit qui offre deux avantages : de bonnes aptitudes en ville et une vocation familiale plus prononcée que la Clio.

Une modularité soignée qui tranche avec une finition bâclée

Nous vous parlions à l’instant de la vocation familiale du Captur, et bien celle-ci se traduit par une bonne habitabilité, un avantage par rapport au Juke pourtant équivalent. Grâce à son empattement de 2,60 m, quasi identique à la Clio, le Captur embarque sans sourciller 4 adultes, la cinquième place au centre de la banquette servira en cas de dépannage. L’impression d’espace est nette à son bord avec notamment une bonne garde au toit, et la banquette coulissante sur 16 cm permet de jouer sur le rayon aux genoux. Cette dernière fait également varier le volume du coffre, de 377 L en position normale à 455 L en position la plus avancée. Une fois rabattue, elle ne dégage pas un plancher plat mais ouvre un espace de plus de 1 200 L.  Dans ce domaine le Captur fait déjà figure de référence car un Juke ne propose que 251 L, un 2008 est limité à 350 L et un Opel Mokka doit se contenter de 362 L.  


Malgré tout, le Captur s’avère aussi décevant que la Clio en matière de finition. Si l’ensemble peut faire bonne impression avec une implantation bien ficelée et des coloris bien choisis, les plastiques durs et mal ébavurés sont légion et en mettent un sacré coup à la qualité perçue. Encore une fois, Renault ne manque pas d’idées avec un écran central multimédia mieux intégré que sur la Clio, des housses de sièges dézippables et lavables en machine et une astucieuse boîte à gants façon tiroir ultra-logeable, mais c’est dans la réalisation que ça pêche. L’ergonomie est brouillonne comme en témoignent ces commandes de régulateur au volant alors que celles de l’autoradio sont reléguées sur un satellite semblant dater des années 80. Les ajustements imprécis, le maintien perfectible des sièges et leur assise courte trahissent une volonté d’économie pas vraiment en phase avec le soin apporté à l’extérieur.


Renault Captur – Les équipements

Le Captur inaugure de nouvelles appellations pour ses finitions, appellations qui seront bientôt étendues à l’ensemble de la gamme Renault. Dans sa version Life, il propose de série l’ESP, les antibrouillards, les feux de jour à Led, le régulateur de vitesse, la banquette coulissante et rabattable, l’ordinateur de bord, l’autoradio CD MP3 avec fonction Bluetooth et la carte de démarrage et d’ouverture. Plus chère de 1 900 €, la version cœur de gamme Zen offre la climatisation, les jantes alliage 16 pouces et la fonction mains libres de la carte. Enfin la finition Intens, la plus huppé facturée 1 700 € de plus, rajoute les radars de recul, les jantes 17 pouces, la sellerie amovible, la peinture bi-ton, la climatisation régulée et le système tactile MediaNav avec GPS. Notons que le fameux système connecté R-Link inauguré par les Clio et Zoé est facturé 1 000 € sur la version Zen et 590 € sur Intens.


Plus confortable mais pas moins agile que la Clio

Fabriqué dans l’usine espagnole de Valladolid en lieu  et place de la Modus, le Captur repose sur une plate-forme identique à la Clio. Il hérite donc du bon dynamisme de cette dernière et son agilité trahit ses gênes de citadine. Bien équilibré, le Captur vire à plat et sa direction offre un bon ressenti pour une conduite précise. Bon point également pour ses suspensions qui présentent un meilleur filtrage que celles de la Clio, et ce malgré la monte en 17 pouces de nos modèles d’essai. Et si sa garde au sol lui autorisera quelques incursions en dehors du bitume, n’espérez pas faire du franchissement avec le Captur. Ce n’est pas un 4×4, la transmission intégrale n’est d’ailleurs pas prévue. Au mieux, il devrait recevoir le contrôle de traction Extended Grip vu sur le Scénic X-Mod.

Est-ce la position de conduite en hauteur ou bien le gabarit plus important mais on se sent davantage en confiance dans ce Captur que dans une Clio pour affronter les longs trajets. Du coup, ce surplus de polyvalence nous amène à regretter le manque de brio de ses motorisations. Essayé dans ses versions diesel dCi 90 ch et essence TCe 120 ch EDC, le crossover Renault s’est montré en petite forme question agrément.
Silencieux et peu vibrant, son 1.5 diesel convient parfaitement à une utilisation urbaine, mais sur les grands axes il manque d’un peu de souffle. Grâce à ses 220 Nm de couple, le Captur dCi est tonique dans ses reprises mais ses rapports de boîte très longs le freinent dans son élan. Dommage car ce n’est pas son poids qui limite ses ardeurs, moins de 1,2 tonne sur la balance soit une centaine de kilos de plus que la Clio. Et nos observations se répètent au sujet du 1.2 turbo 120 ch. Lui aussi surprenant de silence mais un peu creux à bas-régimes, ce moteur qui équipe déjà la Mégane dans une version 115 ch se montre poussif  en raison de l’étagement de sa boîte. Boîte qui au passage n’est autre que la double embrayage EDC, seule transmission disponible sur le TCe 120 et qui équipera bientôt le diesel. Douce mais pas aussi rapide qu’une DSG de Volkswagen, elle semble parfois s’obstiner à conserver le rapport supérieur pour privilégier la consommation.
La consommation justement, raisonnable pour le diesel avec une moyenne de 5,5 L/100 km pour 3,6 L/100 km annoncés, beaucoup moins en revanche pour l’essence donné pour 5,4 L/100 km mais qui affiche un bon 9,0 L/100km en conduite dynamique.


Essai Renault Captur – Bilan

Bien emballée, maligne et bonne routière, la vision du crossover citadin par Renault devrait rapidement se disputer la tête des ventes du segment avec le Peugeot 2008. D’autant que ses tarifs sont placés : à partir de 15 500 € en essence (TCe 90) et 17 700 € en diesel (Dci 90). Comptez 19 500 € pour accéder au TCe 120 (finition Zen) et à peine plus de 22 000 € pour le haut de gamme Intens diesel. Nous restons en revanche très déçus du niveau de finition du Captur, un problème déjà constaté sur Clio, et en attente au sujet de l’offre moteur qui devrait être complétée prochainement par un dCi 110 ch.  

 

 

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