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Léa Picosson

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Essai Rumen 4Stroke : sérieusement passionnelle

Nous vous l’avions déjà présentée, voici maintenant l’essai de la Rumen 4Stroke. Issue de l’imagination de l’entrepreneur bulgare Roumen Antonov, elle s’inspire ouvertement de la Bugatti 57 : un revival plutôt heureux tant le projet semble abouti.

La Rumen 4Stroke est née sous le signe de la passion, celle entretenue par son concepteur Roumen Antonov pour la Bugatti type 57. Avant d’être matérialisée sous les traits de cette Rumen, la Bugatti 57 a toujours habité l’esprit de Roumen Antonov qui a commencé à la dessiner durant son enfance dans sa Bulgarie natale, alors communiste. Une fois adulte et après plusieurs tentatives infructueuses, le bonhomme parvient à fuir son pays et à rejoindre l’Europe de l’ouest pour embrasser la carrière d’ingénieur en transmission : il est notamment le père de la transmission de la première Prius. En 1998, Roumen Antonov s’installe près de Paris pour y créer sa société, 4Stroke. Le but : créer une petite voiture reprenant l’aspect de la Bugatti 57 ; le défi : faire en sorte qu’elle apporte le même agrément qu’une voiture moderne malgré des moyens artisanaux qui en limitent la production à 50 exemplaires par an.

Il suffisait d’oser

Pas très sûr de lui, Roumen Antonov présente sa Rumen sous la forme d’un prototype pour la première fois au Mondial de l’automobile de Paris en 2002. Devant l’enthousiasme soulevé par la voiture, Roumen Antnov s’enhardit et poursuit le développement de son « bébé » qui se présente aujourd’hui à nous sous sa forme définitive. Entièrement fabriquée à la main, la Rumen sera ainsi disponible dès le premier trimestre 2008 au tarif de 50 000 euros sans les différents accessoires qui peuvent venir l’agrémenter.

Nous avons donc pu prendre le volant de cette Rumen terriblement attachante. En premier lieu, sa ligne au charme suranné nous ramène complètement en arrière, il ne s’agit pas d’un exercice de style d’esprit néo-rétro qui peut parfois se perdre dans les compromis entre passé et contemporain. Ici, l’inspiration passéiste est complètement assumée, et le résultat apparaît tout à fait cohérent.

Détails soignés

A l’intérieur, ce sont les détails qui font le charme d’un habitacle certes étriqué, mais à la présentation digne d’un sac à main Louis Vuitton. Du bois, de l’aluminium pour les boutons de commande, du cuir (bien évidemment)… l’univers est chaleureux et plutôt raffiné. En revanche, les commodos en plastique noir ainsi que le bloc de commande de climatisation, tous deux empruntés au trio C1/107/Aygo, dénotent quelque peu dans cette atmosphère qui nous renvoie aux années 30.

Derrière le conducteur et le passager, le moteur prend place dans le coffre de 200 litres, engoncé dans un caisson intégralement tendu de cuir et verrouillé par une fixation chromée du plus bel effet, encore un détail qui, mine de rien, apporte tout son cachet à l’auto. Le moteur et la transmission sont également repris des C1/107/Aygo. Il s’agit donc du 3 cylindres de 68 ch à 6 000 tr/min et développe un couple de 93 Nm à 3 600 tr/min, accolé à la transmission Sensodrive pouvant travailler en mode séquentiel ou bien automatique. Evidemment, la faible du bloc ne fait pas de la Rumen un foudre de guerre sur le papier, mais sur la route, le poids plume (550 kg) de l’engin dont la carrosserie est fabriquée en polyester permet d’assurer des performances tout à fait convenables.

Dynamiquement, la rumen s’en sort également plutôt bien grâce aux trains roulants également empruntés au trio franco-japonais avec quelques aménagements, notamment au niveau du train arrière, issu de l’imagination de Roumen Antonov. Les sensations sur la route sont très réjouissantes, avec une direction directe et un très bon freinage dispensé par les quatre freins à disque. Pas besoin d’aller vite pour se faire plaisir : la ligne d’échappement en inox, disponible en option, distille un bruit rajeur et délicieusement suranné, ratatouillant à chaque rétrogradage. Avec la Rumen, vous ne passerez pas inaperçu ; en revanche, prévoyez l’aspirine pour les longs trajets, l’insonorisation dans l’habitacle est d’un autre temps.

Equipement étonnement conséquent

L’équipement, même sécuritaire, est étonnement complet pour un véhicule qui n’est même pas tenu de passer au crash test en raison de sa faible diffusion (moins de 500 exemplaires) : on trouve ainsi de série les vitres électriques, la climatisation, le siège conducteur électrique, le poste de radio/CD et les indispensables aides électroniques telles que l’ESP, l’ABS ou l’EPS (répartiteur de freinage) ; le tout est issu des C1/107/Aygo. Pour ailleurs, la Rumen peut être transformée en roadster avec une pièce en plastique venant remplacer le hayon du coffre, un dispositif ingénieux qui transfigure littéralement la voiture et son utilisation !

Le lancement de la Rumen a sans cesse été repoussé depuis ses premiers tours de roue. Elle a fait parler d’elle, il lui fallait convaincre, cela est aujourd’hui le cas avec cette version homologuée pleine de promesses. Cependant, la Rumen va encore évoluer ; d’ailleurs, elle le doit pour justifier un prix d’achat tout de même conséquent. Ainsi, la finition, l’insonorisation, ainsi que la puissance du moteur sont les prochaines pistes d’étude pour 4Stroke, qui a d’ores et déjà prévu d’associer au moteur un compresseur afin d’atteindre la barre des 100 ch. Il ne reste plus qu’a souhaiter longue vie à la voiture de Rumen Antnov, elle le mérite étant donné le soin et l’attention apportés à sa mise au point.


Vifs remerciements à Rumen Antonov pour sa disponibilité, son enthousiasme à nous faire découvrir sa création, et sa confiance.

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