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Léa Picosson

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Essai Toyota Land Cruiser : Espèce en voie de disparition

Sale temps pour les 4×4 en ce moment ! Affublés de tous les maux : tros gros, trop polluants… leurs ventes se sont littéralement effondrées en l’espace de trois ans, passant de plus de 33 000 unités en 2005 à un peu moins de 7 000 l’an dernier. Pourtant certaines marques y croient toujours, c’est le cas de Land Cruiser, certainement pas épargné par la crise mais toujours leader du segment avec 35 % de part de marché. Aujourd’hui la septième génération compte bien poursuivre dans cette voie en offrant toujours plus de confort et de meilleures prestations routières sans pour autant perdre de son efficacité en tout-terrain.

En presque 60 ans d’existence, le Toyota Land Cruiser a su se réinventer au fil des générations en passant d’un rustique véhicule militaire à un gros 4×4, tendance SUV haut de gamme. Et pour atteindre son objectif de 20 000 exemplaires par an en Europe (1 250 en France), la septième mouture de cette légende roulante mise d’abord sur une plastique plus aguicheuse. Même si le Land Cruiser reste reconnaissable au premier coup d’oeil, sa face avant plus massive, son regard plus soutenu et ses ailes plus marquées lui font gagner en caractère et en dynamisme. Ses proportions sont toujours d’un autre temps : 4,76 m en longueur (3 portes : 4,31 m), 1,88 m en largeur et 1,84 en hauteur. Heureusement que notre modèle d’essai bénéficiait de quatre caméras (2 latérales, une avant et une arrière) dont les images s’affichent sur l’écran central afin d’aborder les passages étroits avec plus d’assurance. Dernier mot concernant la ligne, on notera la disparition de la roue de secours accrochée à la porte du coffre sur la version 5 portes.

À l’intérieur, les progrès sont également sensibles avec une toute nouvelle planche de bord à la finition en net progrès. Certes côté design Toyota ne fait pas dans la dentelle, la console centrale apparaît particulièrement massive mais l’ensemble est propre et semble fait pour durer très longtemps. Pour accéder au poste de pilotage très haut perché, on appréciera les poignées dans l’encadrement de la porte et les marchepieds. Une fois installé, on appréciera aussi le volant à la jante plus qu’épaisse ce qui facilite la prise en main ainsi que l’instrumentation entièrement repensée, parfaitement lisible et au design raffiné. Côté espace, les passagers avant se sentiront à l’aise, ceux de l’arrière également même si on s’attendait à plus compte tenu du gabarit de l’engin. Pour le coffre, le volume permet d’envisager les départs en vacances, entre 621 L et 1 934 L tous sièges rabattus. En revanche, n’espérez pas plus de 100 L une fois les deux sièges du rang 3 en place, ces 6ème et 7ème assises étant facturées entre 1 900 et 2 400 EUR selon les versions.

Au chapitre de l’équipement, le Land Cruiser marque clairement son aspiration au haut de gamme avec notamment la finition Lounge qui propose de série la climatisation bi-zone, les sièges électriques en cuir, le régulateur de vitesse, les feux xénon adaptatifs, l’aide au stationnement, l’ordinateur de bord et le Pack multimédia comprenant le système audio JBL, la navigation et le toit ouvrant. La finition Lounge Pack Premium rajoute les inserts décoratifs en bois, le Pack 7 places, les sièges à mémoire, la suspension adaptative et les aides à la conduite tout-terrain. Deux autres versions figurent également au catalogue, le milieu de gamme Légende pour les moins fortunés et l’entrée de gamme LeCap pour les moins regardants sur le confort et qui destinent leur véhicule à un usage plus professionnel.

Un seul moteur et deux boîtes au choix

Les temps étant durs et le marché français étant majoritairement diésélisée, Toyota a fait le choix de ne proposer qu’une seule motorisation, reprise de la précédente génération, le 4 cylindres 3,0 L D-4D de 173 ch. Plutôt bruyant, ce bloc ne manque pourtant pas d’entrain pour mouvoir les 2 tonnes du Land Cruiser. Ses accélérations sont honorables et ses reprises sont à saluer. En effet, grâce à un couple de 410 Nm disponible dès 1 600 trs/min ses relances offrent un agrément vraiment intéressant. Une caractéristique soulignée par notre parcours qui aurait davantage mis en valeur un coupé sportif mais sur lequel notre gros Land n’a pas démérité. Concernant les sacro-saintes consommations, elles sont annoncées pour 8,1 L/100 km en cycle mixte, 11 L/100 km lors de notre essai sur routes de montagne et sans jouer l’économie. Quant aux émissions, elles sont en recul de 10 g/km passant ainsi de 224 g à 214 g.

Pour son Land Cruiser 7ème du nom, la marque japonaise permet de choisir entre deux boîtes de vitesse, une manuelle à six rapports et une automatique à 5 rapports. Décevante, la première pêche par une commande aussi peu précise que vibrante et par un embrayage qui manque cruellement de progressivité. Ce n’est pas dans nos habitudes mais nous vous conseillons fortement la seconde option (2 000 EUR) qui offre un agrément et un confort bien supérieurs. D’ailleurs, Toyota ne s’y est pas trompé et espère réaliser 63 % des ventes avec cette monte.

Un vrai 4×4 routier

Passons rapidement sur ses capacités en tout-terrain, notre faible temps d’essai ne nous ayant pas permis de nous livrer à quelques franchissements et autres croisements de ponts, nous avons dû nous contenter de petits sentiers roulants. Sur ces derniers, le Land Cruiser se montre très à l’aise et avale les ornières et les pierres avec une facilité déconcertante. Les amateurs de balades plus musclées apprécieront toute sa batterie d’aides à la conduite hors des sentiers battus qui va de la boîte de transfert au contrôle actif de motricité réglable selon 4 modes : boue et sable, cailloux instables, rochers, terrain bosselé, en passant par le régulateur de progression au pas et l’assistant au démarrage en côte et à la descente.

Attardons nous d’avantage sur ses prestations routières qui pour le coup ont vraiment progressé. Construit sur un châssis échelle identique à celui de la précédente mouture, le Land Cruiser ne peu bien évidemment pas prétendre à un comportement redoutable. Pourtant il étonne par sa vivacité, rappelons qu’il accuse plus de 2 tonnes sur la balance. Sa direction à assistance hydraulique variable remonte correctement les informations et sa suspension adaptative combinée à ses barres stabilisatrices actives trouve le bon équilibre entre confort et efficacité, contient le roulis et sauvegarde la précision. Bon point aussi pour la transmission intégrale permanente qui assure une motricité aussi efficace que sécurisante. On saluera enfin la qualité de son freinage qui n’a avoué aucune faiblesse malgré le relief des routes empruntées et le rythme imprimé.


Confortable, bien équipé, correctement motorisé et capable d’affronter tout types de terrains sans rougir, le Land Cruiser apparaît plus que jamais comme la référence du segment. Et c’est sans honte que nous avouons avoir pris du plaisir à son volant ne serait-ce que parce que c’est un véhicule valorisant. La ville n’est pas son terrain de prédilection, son gabarit est un handicap pour le stationnement, mais les habitants de régions montagneuses et certaines professions lui trouveront beaucoup de qualités. Reste un tarif pas encore à la portée de toutes les bourses : de 36 900 EUR pour une version 3 portes finition LeCap à 61 900 EUR pour une version 5 portes finition Lounge Pack Premium.

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