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Léa Picosson

Insolite : Du pétrole avec des pneus usagés

En France, chaque année, 42 millions de tonnes de pneus finissent en décharge publique. Gagnant du dernier concours Lépine, l’entreprise franco-allemande Pyrum Innovations utilise un procédé de thermolyse afin de transformer des pneus usés en énergie réutilisable (pétrole, coke ou charbon et gaz). Cette découverte pour l’environnement ne semble pourtant pas convaincre l’industrie pneumatique, encore méfiante sur le sujet.

 

Transformer de vieux pneus en carburant, voilà la belle avancée que propose l’entreprise Pyrum Innovations, basée en Allemagne dans la ville de Dilingen (Sarre), près de la frontière française.
La société utilise le procédé de thermolyse ou décomposition thermique. Dans une atmosphère sans oxygène pour éviter leur combustion, les granulats de pneus sont chauffés à 700°C dans un four vertical de 25 mètres. Selon Pascal Klein, PDG de Pyrum, « le pétrole se forme dans la partie de condensation des molécules ». Après raffinage, le pétrole obtenu peut être transformé à 60% en équivalent diesel, à 30% en équivalent essence et à 10% en solvants.
Avec une unité de production capable de transformer 5 000 tonnes de pneus par an, Pyrum affirme également pouvoir dégager 50% de pétrole, 38% de coke et 12% de gaz. Ce dernier 
élément sert à alimenter le groupe électrogène du site, qui fonctionne donc en autarcie énergétique.

Toute une industrie sur le coup

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), 300 milliards de pneus sont produits dans le monde. En fonction de son utilisation (pression, vitesse ou le kilométrage effectué par le véhicule), leur durée de vie est plus ou moins courte. Son recyclage sert généralement de combustible dans les cimenteries ou les centrales thermiques. Ils peuvent servir pour du mobilier urbain (airs de jeux) ou des fondations de routes.
Le concept de Pyrum Innovations devra faire face à la concurrence des fabricants de pneumatiques. En effet, ces derniers mènent leurs propres recherches et réfléchissent à faire autre chose… que des pneus avec des anciens pneus. Jean-Philippe Faure, directeur de la recherche-développement d’Aliapur (acteur de référence dans la valorisation des pneus usagés) estime que « la viabilité du modèle industriel de Pyrum n’est pas encore démontrée ». Affaire à suivre donc.


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