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Léa Picosson

Renault présente le Grand Prix d’Espagne F1

Trois semaines après le dernier Grand Prix à Bahreïn et le premier quadruplé Renault Sport F1 depuis 1997, la saison redémarre à l’occasion du GP d’Espagne, cinquième manche du Championnat du Monde de Formule 1 FIA 2012.


Le circuit de 4,655 km situé dans la banlieue de Barcelone demande un niveau d’appui aérodynamique moyen et une sollicitation moteur relativement standard. Toutefois, une préparation spécifique est nécessaire en vue du Grand Prix d’Espagne pour le V8 RS27.

Longue d’un kilomètre, la ligne droite des stands permet aux voitures de dépasser les 300 km/h et d’atteindre le régime moteur maximal. Il est possible d’utiliser le KERS à deux reprises, puisque le KERS peut se recharger lors du passage. Ceci augmente les opportunités de dépassements. Il y a plusieurs zones propices au rechargement du KERS, notamment dans les virages 1, 4 et 10.

La proximité de la mer et des montagnes est telle que les changements de direction du vent sont à prendre en compte sur ce circuit. Cela peut compliquer la sélection de rapports de boite de vitesses. Les bosses situés dans la longue ligne droite peuvent emmener le moteur au limiteur.

Le circuit suit le relief des collines, ce qui lui confère un caractère plutôt sinueux. Du fait de la longueur des virages et de la nature «on-off » du circuit, les forces latérales générées sont très importantes. Pour permettre une accélération optimale sans compromettre la puissance, les ingénieurs de Renault Sport F1 vont programmer une cartographie moteur pouvant être utilisée avec des changements de vitesses très rapprochés.

Le deuxième secteur est plus fluide que le premier mais il reste très exigeant pour les pneus en raison de la longueur des virages, dans lesquels les pilotes montent généreusement sur les vibreurs. Différents modes de frein moteur peuvent être utilisés pour stabiliser l’arrière de la monoplace lors des freinages, avec pour conséquence l’augmentation de la consommation d’essence.

Très long, le virage 3 est un véritable défi pour les pilotes. En qualifications, il peut être abordé à pleine charge. Mais, en course, le pilote aura tendance à lever le pied pour prolonger la durée de vie de ses pneus et bénéficier d’un couple maximum en sortie de virage. Avec quatre arrêts possibles lors de ce Grand Prix, cela pourra être un facteur déterminant.



Le point de vue des pilotes


Pastor Maldonado, Williams F1 Team

Nous connaissons très bien Barcelone en raison des essais hivernaux. Williams-Renault a même été l’équipe y ayant couvert le plus de kilomètres cette année. C’est un circuit avec un niveau d’appui aérodynamique moyen et une vitesse moyenne, mais les dénivellations et la longueur des virages en font un circuit exigeant physiquement. La première courbe est représentative de ce point de vue : nous accélérons à mi-virage jusqu’à la sortie dans les virages 2 et 3, ce qui en fait un seul et long enchaînement. Les forces latérales étant fortes et les virages légèrement inclinés, nous avons besoin que le moteur nous apporte du couple de façon linéaire, tout en nous permettant de maitriser la puissance pour contrer la force. Dans le dernier secteur, qui propose une nouvelle chicane, il nous faut un frein moteur efficace car nous tombons à 60 km/h avant de réaccélérer brutalement pour la longue ligne droite des stands.



Le point de vue des ingénieurs


Rémi Taffin, responsable des opérations piste Renault Sport F1, livre son sentiment sur Barcelone :

Nous y avons couvert plus de 10 000 km grâce aux quatre équipes partenaires ayant pris part aux essais hivernaux. Nous connaissons donc cette piste comme aucune autre. Le circuit demande 60 % de pleine charge avec un ensemble de virages à basse et moyenne vitesse. Il regroupe un bon ensemble des caractéristiques que l’on retrouve sur les autres circuits prévus au calendrier et c’est pour cela qu’il est très utile lors des essais de pré-saison.

Avec 60 % du tour passé à pleine charge, il nous faut délivrer un bon niveau de réactivité du moteur, surtout dans la troisième partie, caractérisée par des sections à basse et moyenne vitesse.

Nous nous attendons à beaucoup rouler le vendredi car nos partenaires vont tester des évolutions mécaniques et aérodynamiques, comme chaque saison lors de la première course européenne. Nous allons donc monter des moteurs qui ont déjà servi en course pour cette première journée, afin de ne pas augmenter le kilométrage des V8 qui seront utilisés pour les qualifications et la course. Les essais qui ont eu lieu au Mugello la semaine dernière nous ont permis d’aborder la compréhension de ces développements pour optimiser l’ensemble de nos systèmes.

Après le formidable résultat de Bahreïn, nous espérons bien sûr poursuivre sur cette voie. Nous voulons aussi poursuivre la série en cours sur le Grand Prix d’Espagne, remporté par Red Bull ces deux dernières saisons. Lors des dix dernières saisons, il y a eu au moins un moteur Renault sur le podium à sept reprises.


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