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Damien Ruliere

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Essai Renault Scénic 2016 TCe 130 – Le frondeur

Note finale :
13 / 20

On dirait bien que le pionnier du grand monospace (Espace en 1984) et du monospace compact (Scénic 1 en 1996) ne croit plus vraiment en cette silhouette. Au point de réinventer complètement le genre. Certes, la transformation du nouveau Scénic est moins radicale que celle de l’Espace, mais le temps du « monospace à papa » est bel est bien fini. Pourtant à trop vouloir jouer sur les apparences, le Scénic ne s’est-il pas perdu en route ?

 

Fiche Technique

Carrosserie monospace
Nombre de portes/places 5 portes / 5 places
Dimensions L/l/h en mm 4406 / 1866/ 1653
Empattement en mm 2734
Volume du coffre en L 506
Poids à vide en kg 1430
Type 4 cylindres turbo
Cylindrée en cm³ 1198
Puissance en ch 130
Couple en Nm 205
Transmission traction
Boîte manuelle 6 rapports
Vitesse maxi en km/h 190
0 à 100 km/h 11''4
Conso cycle mixte en L/100 km 5,8
Rejets CO2 en g/km 129
Prix (à partir de) 26 500 € (Zen)
Energie essence
Puissance fiscale en CV NC
Bonus / Malus neutre

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Le monospace est sans conteste la carrosserie qui a le plus souffert de la déferlante SUV/crossovers. Ultra-tendance au début des années 2000, même pour ceux qui n’en n’avaient pas forcément l’utilité, il cherche aujourd’hui à cacher ses rondeurs, à se muscler et à prendre un peu de hauteur… à devenir un SUV en somme.

C’est ainsi qu’après avoir défini les codes du monospace compact, le Scénic quitte les rangs pour créer son propre mouvement. Tout ressemblance avec un fait d’actualité est fortuite ! Une face avant nerveuse, des épaulements plus marqués, une garde au sol rehaussée de 4 cm, le mono-volume gagne en séduction.

Le nouveau Scénic en met plein la vue… et ça marche

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Terminé l’anonymat comme en témoignent les jantes 20 pouces en série (enjoliveurs ou aluminium selon les finitions) et la peinture bi-ton (400 € /série sur Intens). Ces deux éléments pourraient passer pour de la coquetterie mais, soyons honnêtes, ils mettent clairement en valeur le style Van Den Acker. Un directeur du design Renault qui une fois de plus démontre le réalisme de ses concept-cars, ce Scénic 4 étant très proche du R-Space (Genève 2011).

Au passage, parlons un peu de cette fameuse monte pneumatique en 20 pouces qui, si elle fait mouche question look, génère pas mal de méfiance.
Premièrement, Renault a voulu conserver des flancs hauts et une bande de roulement étroite (195) de façon à réduire la tendance qu’ont les grandes jantes à dégrader le confort de roulement. Nous verrons plus tard que la marque ne s’est pas trompée sur ce point. Et deuxièmement, un accord a été trouvé avec les trois manufacturiers sélectionnés (Michelin, Continental, Goodyear) pour maintenir le prix des gommes au niveau des 17 pouces du Scénic 3.

Côté dimensions, le nouveau Scénic s’allonge de 4 cm (4,41 m) et n’est désormais plus qu’à 3 cm de son principal rival le Citroën C4 Picasso. Il gagne aussi 2 cm en largeur (1,87 m) et son empattement s’étire de 3 cm (2,73 m).

Plus simple, mieux pensé

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A l’intérieur aussi le Scénic 2016 fait sa petite révolution, parce qu’en dehors du levier de vitesses en hauteur on a plus l’impression d’être dans une berline que dans une camionnette améliorée.
Et pour cause, l’instrumentation centrale disparaît et ce sont les Mégane et Talisman qui offrent leur planche de bord au Scénic. Ce qui est une bonne chose car l’agencement gagne en clarté et la qualité perçue progresse malgré la persistance de quelques plastiques durs. Ces derniers sont cependant mieux dissimulés dans le Scénic.

Par ailleurs, l’ambiance austère d’une Mégane par exemple est ici atténuée par une luminosité supérieure due en partie au grand toit vitré fixe (600 €) et aux custodes avant. De par leurs dimensions respectables, ces secondes vitres latérales permettent de réduire l’épaisseur des montants du pare-brise et améliorent la vision panoramique vers l’avant.

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A l’arrière Renault a fait également un peu de ménage en éliminant notamment les trois assises individuelles. Le passager central n’est pas plus mal loti sur cette nouvelle banquette 2/3-1/3 qui se veut coulissante et escamotable de façon à offrir un espace de chargement plat. Finie donc la corvée de démonter les sièges arrière pour transformer la voiture en break, et le coffre ne s’en porte pas plus mal puisqu’il affiche 506 L en configuration de base, soit 36 L de plus que le Scénic 3.

Pour davantage de volume (716 L) et de capacité d’accueil (7 places), il faudra toujours se tourner vers le Grand Scénic dont la nouvelle génération mesure 4,63 m et demande 1200 € de plus.

Un essence 130 ch qui manque de souffle…

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Si chacun se fera son avis sur la belle gueule du Scénic 4 et appréciera ou non les nouveaux aménagements intérieurs en fonction notamment de ses besoins, c’est peut-être sur la route que nous l’attendons le plus.
Car d’une manière générale, les monospaces restent encore en retrait dans leurs prestations routières. Et qui veut casser les codes de la catégorie doit relever le niveau sur ce point, car un design aussi engagé s’accorderait mal d’un comportement « plan-plan ».

Pour ce qui est du moteur, il faut le dire franchement la première impression ne nous a pas rassuré. L’essence 1.2 TCe 130 ch proposé se révèle juste suffisant. En dehors de son silence de fonctionnement qui est à saluer, sur tous les autres aspects il rend une copie moyenne. 

Très linéaire dans ses accélérations, il manque ensuite de tonus dans ses reprises. La faute vraisemblablement à des rapports de boîte qui traînent en longueur, ce qui est contre-productif car il faut aller chercher dans les tours la puissance promise et les consommations s’en ressentent irrémédiablement : 8,0 L/100 km lors de notre essai. On a vu mieux.

Le PureTech 130 ch d’un C4 Picasso ou le TSI 125 ch d’un Volkswagen Sportsvan se montrent plus volontaires et proposent des boites automatiques plus en rapport avec une utilisation quotidienne en milieu urbain.
Pas de boîte auto donc sur le Scénic essence et une offre qui se limite au TCe 130 et à un modeste TCe 115 ch. Curieux quand on voit les chiffres de ventes de l’essence qui sont en constante progression chez les particuliers. Renault rétorque que les clients ne sont pas demandeurs pour le moment de ce type de déclinaison. Citroën et Volkswagen, mais aussi Ford ou BMW, des marques qui proposent toutes des monospaces compacts en motorisation essence et transmission automatique, n’auraient donc pas compris les attentes des consommateurs !

Ces derniers, friands de diesel donc, pourront se consoler avec une offre bien garnie sur le Scénic : 4 blocs dCi de 95, 110, 130 et 160 ch. Les modèles 110 et 160 peuvent recevoir la boîte double embrayage EDC, le 110 présente même pour la première fois chez Renault un système d’hybridation. Baptisé Hybrid Assist, il ne permet pas de rouler en tout électrique mais aiderait à réduire les consommations et émissions en assistant le moteur à mi-régimes. Nous vous en proposerons un essai complet prochainement.

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… pour un châssis qui ne manque pas d’air

Cependant, le Scénic peut compter sur un dernier atout pour convaincre, son comportement routier. D’habitude, dans la catégorie c’est le confort qui prime. Le Picasso est d’ailleurs le champion à ce jeu.

Le nouveau Scenic, lui, est certes confortable, mais introduit un peu de fermeté dans la balance ce qui pourra surprendre les habitués. Mais les surprendre probablement dans le bon sens, car bien campé sur ses grandes roues la familiale au losange se révèle plus dynamique que par le passé, les mouvements de caisse sont bien contenus et le roulis réduit à la portion acceptable.
A priori pas de version GT au programme, mais on aimerait quand même bien voir ce nouveau Scénic muni des quatre roues directrices. Une idée pas si folle que ça, le Scénic repose sur la même plate-forme que la Mégane qui, elle, reçoit le système 4 Control.
Un mot sur la direction qui nous a paru très douce, mais aussi très élastique avec une tenue de cap délicate. Mais ça c’était avant de jouer du MultiSense (sélecteur de modes de conduite) qui dans sa définition Sport offre au volant un feeling impeccable.

Dommage que ce MultiSense, et nous terminerons là-dessus, ne soit disponible en série que sur la finition haut de gamme Intens, comme tous les équipements qui font l’intérêt des dernières productions Renault (peinture bi-ton, superbes jantes 20 pouces, tablette tactile R-Link2, modularité avancée One Touch, projecteurs full Leds). Une version facturé 29 100 € avec le moteur TCe 130 (30 900 € avec un dCi 110 ch). Pour le reste, les tarifs du nouveau Scénic débutent à 23 700 € en essence (TCe 115 Life) et 25 200 € (dCi 95 Life).

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(images constructeur)
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